Enfants de la rue Livret  -traduction en ligne-

Édition 2025

“La souffrance des enfants laissés pour compte dans les rues du monde”

© 2025 Édition : ANJC PRODUCTIONS

24 rue Charles Fourier,

91000 Évry

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STRICTEMENT INTERDIT À LA VENTE

Œuvre protégée dans la catégorie droits moraux – Lois du 11 mars 1957, du 03 juillet 1985, du 1er août 2006, du 12 juin 2009 et du 28 octobre 2009 – Cette œuvre pourra être utilisée à des fins autres que commerciales dans tous les pays (la diffusion, l’impression et la distribution en totalité ou en partie de l’œuvre doivent uniquement se faire gratuitement) sans en dénaturer la pensée de l’auteur.

Les citations des versets bibliques sont extraites de la BIBLE DE YÉHOSHOUA HA MASHIAH (BYM) version 2025.

 

Mishlei (Proverbes) 31 : 8 á 9

« Ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les fils destinés à la destruction. »

« Ouvre ta bouche, juge avec justice, plaide la cause du pauvre et de l’indigent. »

 

SOMMAIRE

Introduction

Contexte général

D’un problème familial à un problème social

I.Quelles sont les causes d’abandon des enfants qui se retrouvent dans la rue ?

II.Une fois dans la rue, quelle est leur vie ?

III. Quelles sont les conséquences sur le développement de l’enfant ?

 

Des solutions à notre portée

I.Les droits de l’enfant

II.La responsabilité des adultes et des États

III. L’amour en action

 

Introduction

Contexte général : la situation de millions d’enfants

Bien que nous nous occupions d’enfants depuis plus d’une vingtaine d’années, nous avons décidé de consacrer un pôle à part entière à cette cause.

En effet, au cours de nos différentes missions nous avons fait un douloureux et amer constat : trop d’enfants sont livrés à eux-mêmes, ayant la rue pour seul repère, exposés quotidiennement à de la violence, aux dangers de toute nature, à l’exploitation économique et sexuelle, au manque de soin… Comment arrive-t-on à un tel constat, lorsque le monde entier n’ignore pas que les enfants représentent l’avenir de chaque nation ?

Il est très difficile d’estimer le nombre exact d’enfants concernés. Les sources publiques dont nous disposons reposent sur des estimations bien souvent réalisées par des associations.

 

Ainsi, en 2020, on estimait à environ 120 millions le nombre d’enfants vivant dans le rues à travers le monde entier, avec pour répartitioin:

  • 30 millions en Afrique
  • 30 millions en Asie
  • 60 millions en Amérique du Sud

 

L’Europe n’est pas exempte de cette problématique. En effet, plus de 400 000 enfants se retrouvent sans domicile avec leur famille et dorment dans les rues. Celles qui sont plus chanceuses peuvent espérer bénéficier d’un hébergement d’urgence mais cela n’est possible que le temps d’une nuit.

Dans un pays dit développé tel que la France, en 2023, il n’y avait pas moins de 3 000 enfants qui dormaient dans les rues, dont 700 âgés de moins de 3 mois. Bien que dans d’autres pays les enfants se comptent par dizaine de milliers, il n’en demeure pas moins qu’un seul d’entre eux qui vit dans la rue c’est déjà trop. Paradoxalement, la même année, la France dénombrait le nombre de logement vacants à plus de 3,1 millions ¹ selon l’Institut national de la statistique et des études économiques (INSEE). Une réalité plus que terrifiante surtout lorsqu’il est question d’enfants. Bien entendu, le nombre d’enfants vivant dans les rues des pays dits développés est constamment sous-estimé car ce phénomène est de façon systématique et stigmatisante, toujours associé aux pays d’Afrique et d’Asie.

¹ https://www.insee.fr/fr/statistiques/7727384 7

 

Partant de ce constat, nous souhaitons interpeller aussi bien les chrétiens que les inconvertis sur cette situation mais surtout les soutenir. Le manque d’intérêt, l’indifférence face à ce phénomène n’est pas acceptable. Dans un pays, qu’il s’agisse du sien, de celui voisin ou de celui qui est à plus de 6000 km, nul n’est censé ignorer qu’il existe des individus qui n’ont pas de quoi se nourrir, se vêtir ou se loger, et à plus forte raison lorsqu’il est question de petits êtres innocents. Cela peut paraître absurde mais rappelons ce qu’est un enfant, car sa définition semble bien souvent nous échapper.

L’enfant : petit être en devenir

Le mot enfant vient du terme Infans qui signifie « celui qui ne parle pas encore », « qui n’est pas encore doué de raison » ou celui qui est « exposé au sang, à la mort ». En grec, il est plutôt question de Paìs, qui signifie esclave. Il s’agit donc d’un être incapable, dans un certain sens, de former des mots et de bien comprendre. C’est un jeune être humain en développement et qui va acquérir des connaissances, de sa naissance à son adolescence et plus largement, à sa mort.

Par définition et de manière générale, un enfant est ignorant ². En effet, il est dépendant de son entourage, de ses parents ou d’autres adultes, pour répondre à ses besoins primaires comme la nourriture, l’éducation, la sécurité.

² « Mon peuple est détruit, faute de connaissance » Hoshea (Osée) 4 : 6

Cependant, il est important de préciser que la notion d’enfant diffère en fonction de caractéristiques juridiques, sociales, psychologiques ou biologiques.

Sur le plan légal, un enfant sera défini comme une personne qui n’a pas atteint l’âge de la majorité (généralement fixé à 18 ans), lequel varie selon les législations et les cultures d’un pays. Ainsi, en Iran la majorité est de 9 ans pour une fille et de 15 ans pour les garçons tandis qu’aux États-Unis ou en Égypte elle s’élève à 21 ans.

Sur les plans psychologique et biologique, un enfant diffèrera d’un autre en fonction de facteurs propres à son cadre de vie et ses besoins spécifiques. Les expériences et les apprentissages, bons ou mauvais, tout au long de l’enfance puis de l’adolescence ont un impact durable sur le développement personnel et professionnel futur.

 

0 à 1 an Nourrisson

1 à 3 ans Jeune enfant

3 à 5 ans Enfant d’âge préscolaire

6 à 12 ans Pré-adolescent

13 à 18 ans Adolescent

 

Le développement de l’enfant selon son âge

0 à 1 an Dépendance totale aux parents ou aux adultes pour ses besoins vitaux (se nourrir, dormir, l’hygiène et l’affection).

1 à 3 ans L’enfant devient curieux et commence à former des interactions sociales de base.

3 à 5 ans Il s’agit d’un des développements les plus rapides de l’enfance.

6 à 12 ans Changement sur plusieurs plans. Développement crucial pour établir les bases d’une vie saine et équilibrée.

13 à 18 ans Changements physiques importants. Période dynamique et influente dans la vie d’un individu, posant les bases de l’âge adulte.

 

Recherche d’indépendance Troubles de l’humeur Personnalité et caractère affirmés Puberté Justice Dynamique Dépendant Besoins vitaux Motricité Interactions primaires Premiers pas Premiers mots Explorer Âge préscolaire Début d’autonomie Coordination Imaginatif Langage avancé Compétences sociales Pensée critique Habilité Plein d’énergie Influence des adultes’

La rue : office de père et de mère

De manière générale, l’expression « enfant de la rue » désigne une personne qui n’a pas atteint la majorité, qui se retrouve sans logement et qui est donc contrainte de vivre dans la rue. En s’attachant à cette expression de manière littérale, la personnification qui est faite du terme « RUE » laisse entendre que l’enfant appartient à la rue, ou encore que cette dernière fait office de parent pour lui. C’est alors elle qui l’a enfanté ou adopté, qui le nourrit, l’habille, l’éduque, le corrige… L’expression fait débat. Si certains la jugent positive car donnerait une identité à l’enfant, d’autres connaissant les réalités de cette vie ne souhaitent pas cette classification, afin d’éviter la stigmatisation et la honte.

Aujourd’hui, l’appellation retenue est « enfant en situation de rue » avec une distinction entre les « enfants de la rue », qui vivent et habitent dans la rue, les « enfants dans la rue » qui y travaillent mais nʼy vivent pas, ayant une famille et un domicile et les « enfants à la rue » qui à lʼorigine sont en situation de fugue temporaire mais qui finissent par rester dehors.

Comme précisé plus haut, certains enfants, notamment en Europe, peuvent aussi vivre avec leur famille dans la rue, tout en étant scolarisés ou en allant travailler. Il sera question dans ce livret d’enfants se retrouvant seuls dans la rue.

En discutant avec Esther, une jeune fille de 17 ans, que nous avons rencontrée dans les rues d’Abidjan, capitale de la Côte d’Ivoire, elle nous a fait comprendre qu’elle n’appréciait pas être associée à l’expression « enfants de la rue ».

Témoignage d’Esther 17 ans (Côte d’Ivoire)

Parler d’enfants de la rue revient à dire que c’est la rue qui nous a engendrés. Il y a comme un attachement, un lien qui est créé. Or la rue éduque avec la loi du plus fort. Ce sont les plus grands qui forment les plus petits. Par exemple, si c’est un dealer le plus fort il va t’éduquer avec de la drogue etc. Et malheureusement, la facilité et la souf france amènent à accepter qu’un aîné nous éduque. On nous appelait les « Badjô » ce qui veut dire « l’unité ».

Notre échange avec Esther nous a permis de comprendre que certains enfants ont une réflexion sur cette étymologie et notamment sur le lien que les autres, que la société établit entre eux et la rue. Nombreux sont ceux qui refusent dʼêtre qualifiés de la sorte, dʼêtre stigmatisés car ils aspirent, légitimement, à une autre identité, à une autre vie. Raison pour laquelle nous veillerons à éviter cette expression tout au long de ce livret.

Entre enfance et errance, innocence et violence, ces écrits ont pour objectif dʼune part de mettre en lumière ce que peuvent subir les enfants dans certains pays, tout en proposant dʼautre part, des solutions dʼaide à la portée de tout un chacun.

Enfin, nous voulons insister sur le fait que l’aide apportée est loin d’être purement humanitaire. En effet, le cœur de Notre Seigneur Yéhoshoua souffre pour ces enfants. Ces propositions de soutien, qui peuvent prendre différentes formes, ne sont que la conséquence dʼun commandement de Notre Seigneur : “ Tu aimeras ton Elohîm de toute ta force, de ta pensée, de toute ton âme et ton prochain comme toi même.”

 

Interview

Pourquoi s’occuper d’enfants ? Premièrement, en tant qu’humain il n’est pas possible de rester insensible à la souffrance des autres et particulièrement à celle des enfants. Tout humain normal doit se sentir concerné. Deuxièmement, il s’agit d’un commandement du Seigneur. Il est question de tous les enfants de manière générale, mais principalement des orphelins, des enfants victimes de violences, et notamment ceux qui se retrouvent à la rue. N’oublions pas que les enfants c’est le futur. Négliger les enfants c’est compromettre son propre futur. Or, il n’est pas possible de tenir un enfant responsable de sa propre situation. Il ne peut pas être accusé pour son errance puisque la définition même du terme enfant renferme son ignorance et son incapacité. Il ne peut donc pas lui être imputé sa propre misère et on ne peut l’accuser de tous les maux. Rappelons aussi que les enfants sont les fruits des parents. Si l’arbre est malade, il faut le soigner à la racine pour qu’il donne de bons fruits. En tant que chrétiens, nous avons la possibilité d’interpeller les parents, en premier lieu par la prière, par le dialogue mais aussi par l’éducation. Or beaucoup font des enfants alors qu’ils sont eux-mêmes enfants. La pauvreté est aussi une autre raison de la situation des enfants qui se retrouvent dans la rue. Certains problèmes doivent donc être réglés à la source. Il faut pouvoir octroyer des moyens aux parents pour qu’ils soient autonomes et qu’ils puissent subvenir à leur besoin et à ceux de leurs progénitures.

Évidemment, tout cela a un coût. Dans notre participation au soutien des enfants, nous avons les dons qui nous permettent de mettre en place des projets. Nous avons aussi à coeur de construire des maisons qui seront mises en location afin de subvenir aux besoins des enfants.

L’omerta de nombreux États s’explique par l’égoïsme de l’homme. Ce n’est pas surprenant, le Seigneur avait prédit qu’à la fin des temps, beaucoup d’humains deviendraient égoïstes. Le fait que les enfants soient abandonnés, exposés à la famine, aux viols, à toutes sortes d’agressions, à tous les dangers auxquels ils peuvent faire face, me touche particulièrement. Proposer un hébergement et l’intégration dans une école pour avoir un avenir et un métier, c’est le minimum que l’on puisse faire.

Shora Kuetu

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D’un problème familial à un fléau social

Les causes d’abandon des enfants qui se retrouvent dans la rue

La présence d’enfants dans la rue est un phénomène tristement répandu à travers le monde entier, surtout dans les pays dits en développement. Ils se retrouvent sans domicile fixe, souvent sans protection ni soutien familial, exposés à de nombreux dangers. Ils manquent de tout. Et comme précisé en introduction, un enfant dépend premièrement de son environnement familial pour se construire.

En recherchant alors les différentes causes d’abandon de ces enfants, nous avons constaté que ces dernières étaient multiples, variées et reflétaient des problèmes sociaux, économiques et culturels profonds. Ce désordre résulte par conséquent de facteurs aussi bien internes qu’externes au foyer.

Bien qu’il s’agisse d’un abandon involontaire, le décès de l’un ou des deux parents, laisse souvent les enfants sans soutien financier et sans soutien émotionnel. Les orphelins sont alors plongés dans une situation de grande vulnérabilité. Ils peuvent être contraints de quitter la maison faute de moyens pour subsister, et trouver refuge dans la rue.

Les conflits et désordres familiaux

Ces types de désaccords sont constants dans les foyers en raison de facteurs là encore très divers, et majoritairement spirituels. Ils peuvent par exemple concerner la relation entre les parents. Dans ce cas, ils déboucheront bien souvent par des disputes, des incompréhensions, des négligences, des insultes, des cris… Ces désaccords n’engendrent pas systématiquement une séparation entre les parents, mais lorsque c’est le cas, l’enfant se retrouve au milieu, partagé entre deux feux. Certaines fois, il sera rejeté par l’un ou les deux parents. Cela produira inévitablement une fragilité et une instabilité émotionnelles. Incapables de gérer, de modérer et/ou de tempérer les crises conjugales car ce n’est ni de leur âge ni de leur ressort, certains s’évadent par la pensée, d’autres vont préférer quitter la pièce, la maison, voir le foyer et se retrouver à la rue. À ce moment là de leur vie ce qu’ils cherchent c’est la paix, et paradoxalement ils la trouvent au coin d’une avenue, sur les étals d’un marché ou dans une maison en ruine.

À la suite d’un divorce, il peut y avoir un remariage et donc une recomposition familiale. L’arrivée d’un beau-parent, de demi-frères et demisœurs peut à son tour générer de nouvelles tensions. D’autant plus si les enfants issus de la précédente union ne sont pas intégrés à ce nouveau cercle familial et qu’il y a un refus plus ou moins dissimulé de prendre soin d’eux. Ces enfants sont délaissés, livrés à eux-mêmes et surtout comprennent qu’ils sont de trop alors ils partent, là où ils pensent trouver une famille : la rue.

La maltraitance physique, psychologique et/ou sexuelle pousse naturellement de nombreux enfants à fuir leur foyer car la situation est insoutenable. Ils connaissent la dureté de la rue mais la trouvent plus acceptable car elle émane d’étrangers auxquels ils ne sont pas attachés et Les facteurs familiaux qui n’ont aucune obligation de soin et de protection envers eux. Il n’y a ni affect, ni attachement.

La délinquance ainsi que les addictions (toxicomanie, alcoolisme et autres substances addictives) sont aussi une cause d’abandon de certains enfants par leurs parents. Certains choisissent la délinquance, influencés par de mauvaises fréquentations, bien qu’ayant un cadre de vie familial stable. D’autres sont issus de milieux délinquants ou criminels. D’autres encore y sont nés. Ils ne feront que reproduire les activités de leurs parents.

Le poids des traditions

Dans certaines cultures, les enfants sont (à tort ou à raison) accusés de sorcellerie mais également de divers méfaits ou considérés injustement comme porteurs de malchance. Ces enfants subissent ainsi l’exclusion de leur propre famille et de la communauté tout entière. Une pression et un rejet tels, qu’ils décident eux-même de fuir leur foyer. Par exemple, en Angola, les enfants accusés de sorcellerie, particulièrement les filles, sont victimes de mauvais traitements. En République Démocratique du Congo, les églises évangéliques et dites de “réveil” pullulent dans le pays, et de nombreux dirigeants de ces assemblées profitent de la vulnérabilité et des problèmes de la population. Ces rapaces sans scrupules n’hésitent pas a s’en prendre aux enfants en les traitant de sorciers, lorsqu’ils ont des comportements qui sortent de la « norme ». Si l’enfant mange trop, qu’il a un trouble du comportement, qu’il est hyperactif ou au contraire plutôt asocial, il n’en faut pas plus au pseudo homme de Dieu pour décréter que l’enfant est un sorcier. S’ensuivent alors des séances (souvent payantes) de délivrances lors desquelles l’enfant est forcé à avouer la sorcellerie. À la suite de cela, beaucoup de familles, par peur d’être envoûtées par leur enfant (parfois âge de seulement cinq ans), préfèrent le laisser à la rue.

Dans certains pays, comme le Niger, le Tchad, le Mozambique, le Bangladesh ou encore le Népal, des mineurs sont mariés de force. Des mariages précoces, qui privent les enfants de leur innocence et les exposent à des abus en tout genre. Ces alliances forcées, très répandues dans ces pays, contraignent, particulièrement les petites filles à quitter l’école pour assumer des responsabilités d’adultes. En cherchant à échapper à ces unions, de nombreux enfants se retrouvent sans soutien ni abri.

Les conditions socio-économiques

La précarité des familles oblige souvent les enfants à quitter leur domicile. La pauvreté extrême peut empêcher les parents de subvenir aux besoins fondamentaux de leurs enfants.

Certains enfants vont alors être poussés à, chercher du travail, mendier ou se prostituer dans la rue pour venir en aide à la famille. Il y a alors une complicité des familles qui, bien souvent, sont complices de ces situations.

Les faits de société

Les contextes de guerres, de migration et d’instabilité politique jouent également un rôle crucial dans l’abandon des enfants. En effet, les conflits armés déchirent des familles entières, laissant des milliers de petits orphelins par la perte de parents et sans abri par la destruction de leur maison, forcés à fuir leur ville, leur région, leur pays pour survivre. L’absence de sécurité laisse les enfants seuls et sans abri.

Tout comme les guerres, les catastrophes naturelles ou la pauvreté d’un pays ont pour conséquence la dislocation de familles dont les enfants seront contraints de se rendre dans des pays étrangers. La rupture des liens familiaux et le manque de ressources engendrent pour les enfants l’obligation de survivre dans la rue. Les mouvements migratoires traduisent alors la recherche d’un avenir meilleur ou la fuite de conditions de vie insupportables.

Bien que les principales raisons de l’abandon d’un enfant puissent porter sur des facteurs extérieurs au foyer, finalement les problématiques rencontrées sont majoritairement internes à la famille. Un constat qui semble logique si l’on considère que la responsabilité d’un enfant incombe à ses deux parents. Malheureusement, cette gangrène va s’étendre jusqu’au dehors de la souche familiale, notamment par une dure réalité, celle de l’exploitation.

Une fois dans la rue, quelle est leur vie ?

La vie dans la rue est caractérisée par l’insécurité, la peur et la violence. La violence des adultes envers les enfants, celle des enfants envers les adultes ou celle des enfants entre eux.

Pour s’en sortir dans un cadre aussi hostile, celui ou celle qui débarque dans la rue va très vite devoir se créer un espace de vie qui lui sera propre, et se familiariser avec son nouvel environnement social car, seul, ses chances de survivre sont réduites à néant. Il va donc rapidement intégrer un autre groupe d’enfants déjà habitués à la rue. Il devra également s’intégrer aux mœurs et coutumes de son nouveau lieu de résidence. Et pour se nourrir, il va falloir travailler, de gré ou de force.

Hélas, c’est ainsi qu’il sera exposé aux formes d’exploitation les plus abominables.

  1. UNE SOUFFRANCE ÉCONOMIQUE : MENDICITÉ, DÉBROUILLARDISE, TRAVAIL FORCÉ, MAIN D’ŒUVRE GRATUITE

Corvéable à merci, vulnérable et facile à manipuler, bien souvent les enfants vont être forcés à travailler pour quelqu’un car leur travail ne coûtera rien à leur employeur. Alors, pour interdire le travail des enfants, il faudrait établir une définition mondiale et unique des notions de travail et d’enfant. Il est défini par l’Organisation Internationale du Travail comme « l’ensemble des activités qui privent les enfants de leur enfance, de leur potentiel et de leur dignité, et nuisent à leur scolarité, leur développement physique et mental ». Cependant, dans certains pays, un enfant se défait de ce statut dès qu’il est autonome. L’organisation internationale du travail a alors établi comme étant enfant les jeunes de 5 à 17 ans.

Quel est donc le travail acceptable pour un enfant ou un adolescent ? La même organisation fixe également l’âge minimum du travail selon la nature du travail et selon la région du monde : les enfants de 13 à 15 ans peuvent effectuer des travaux légers, à condition qu’ils ne soient pas contraints de ne plus se rendre à l’école. Les travaux dangereux pour la santé ou la moralité sont interdits dans le monde jusqu’à 18 ans. Pour autant, selon l’Observatoire des inégalités, 160 millions d’enfants travailleraient dans le monde en dépit des normes internationales qui l’interdisent. 70 millions d’entre eux dans des activités et des conditions dangereuses. Un chiffre qui semblerait décroître, mais un enfant sur dix reste concerné.

Un enfant qui travaille est par conséquent un enfant qui travaille illégalement. Pour autant, la liste des pays concernés n’est pas exhaustive.

 

A n g o l a . . . Esclave à 12 ans

En 2024, l’Institut National de Protection de l’Enfance a recensé 2 484 enfants travaillant dans la ville de Luanda, en Angola. Ce sont 1 550 garçons et 934 filles qui ont dû quitter l’école pour venir en aide à leurs parents. L’année précédente, c’étaient 4 320 cas d’exploitation infantile qui furent enregistrés. Depuis quelques années, de réels efforts sont fournis pour éradiquer l’esclavage des enfants en Angola. Toutefois, malgré toutes les mesures prises, la diminution du nombre d’enfants concernés ne peut être considérée comme significative. De plus, un bon nombre de rapports révèlent une complicité des forces de l’ordre dans la traite et l’exploitation sexuelle de mineurs. Il est difficile donc de s’appuyer sur certaines autorités pour faire respecter les droits de l’enfant.

Un autre fléau, lorsqu’il ne s’agit pas d’enfants angolais, des enfants en provenance d’autres pays sont amenés en Angola. Des filles originaires du Brésil, de la Chine, de la République Démocratique du Congo ou encore du Vietnam, âgées de seulement 12 ans, atterrissent ou transitent par ce pays à des fins d’exploitation sexuelle et d’activités criminelles, comme l’extraction de diamants où certains enfants se retrouvent contraints de travailler dans des fermes d’élevage.

 

H a ït i . . . Les « restavèk

Malgré la mise en place de lois et de règlements pour protéger les enfants du travail forcé, les enfants d’Haïti sont exposés aux formes de travaux infantiles les plus abominables. 90% de la population vit sous le seuil de pauvreté absolue, selon l’UNICEF. Les premières victimes de cette situation sont bien entendu les enfants. “Restavèk” (ou reste-avec) est d’ailleurs le terme employé pour désigner les enfants abusés et exploités physiquement. 1 enfant sur 4 ne vivrait pas avec ses parents biologiques en Haïti. Certaines jeunes filles sont chassées de leur foyer pour réduire le nombre de bouches à nourrir. L’instabilité politique économique et sociale du pays a contraint plus d’enfants à intégrer des gangs ou à devenir les esclaves de groupes criminels, d’employeurs et même d’amis ou de membres de leur propre famille. En 2019, le nombre d’enfants vivant dans les rues d’Haïti était estimé à 200 000. Cette descente vers une pauvreté extrême est liée à une succession de coups d’État depuis sa prise d’indépendance en 1804 mais également de catastrophes naturelles qui ont frappé le pays. Depuis ces évènements, le pays peine à se relever. Ainsi, dans la capitale du pays (Port-au-Prince), des milliers d’enfants naissent, grandissent et survivent dans les rues, sans avoir jamais eu un véritable toit au-dessus de leur tête pour dormir. 3 000, seulement dans la capitale, se retrouvent sur des trottoirs pour dormir, à mendier, supplier les passants pour manger et à se faire bousculer par la police qui ne les perçoit autrement que comme des bandits. Malheureusement, la législation haïtienne n’est pas suffisante en matière de protection de l’enfant.

TEMPÊTE : 2 150 morts ACCIDENT LIÉ AU TRANSPORT : 1 800 morts TEMPÊTE : 2 754 morts ÉPIDEMIE DE CHOLÉRA : 10 000 morts TREMBLEMENT DE TERRE : 1 600 morts TEMPÊTE : 5 000 morts TEMPÊTE : 1 122 morts TREMBLEMENT DE TERRE : 280 000 morts 300 000 blessés 1,3 millions de sans abris

1915 1935 1963 1993 1994 2004 2010 2010

Quelques chiffres

PLAATJE TOEVOEGEN

 

 

S é n é g a l . . . Les « taalibés » et les « faqmans »

Dans tout le pays, le phénomène de mendicité des enfants est répandu. Comment cela se passe au Sénégal ? Bien que le pays se veut une République laïque et démocratique, avec plus de 94% de la population qui est musulmane, le Sénégal fait partie des pays les plus islamisés de l’Afrique noire. La majorité des familles sénégalaises confie leurs enfants, que l’on va appeler “taalibés”, à des enseignants coraniques (aussi appelés marabouts) pour leur prodiguer une éducation religieuse dans des lieux, « daaras » qui feront office d’école. L’étude la plus récente date de 2018 et estime à 200 000 le nombre d’enfants-talibés, rien qu’à Dakar, la capitale. Cette situation pose des problèmes car les maîtres coraniques « offrent » un logis, de quoi manger et des cours à ces enfants, sans aucun frais pour leurs parents, cependant ils forcent les taalibes à mendier toute la matinée, l’aprèsmidi et le soir. La somme journalière réclamée s’élève à 500 francs CFA (77 centimes d’euros). Cette exploitation rapporterait plus de 5 milliards de francs CFA par an à l’ensemble des marabouts de Dakar, soit plus de 7 millions d’euros.

Ajouté à cela, les daaras sont insalubres, les enfants se retrouvent avec des maladies de peau, de graves problèmes dentaires et de malnutrition. Régulièrement tabassés, certains décèdent à la suite de ces abus. D’autres parviennent à fuguer, mais dès qu’ils sont retrouvés, pour toute dissuasion, ils seront enchainés par les pieds. Pourtant, en 2005 une loi relative à la lutte contre la traite des personnes et pratiques assimilées et à la protection des victimes a été adoptée au Sénégal. Cette loi condamne « quiconque organise la mendicité d’autrui en vue d’en tirer profit (…) ou d’exercer sur elle une pression pour qu’elle mendie ou continue de le faire » de 2 à 5 ans d’emprisonnement et de 500 000 francs à 2 000 000 francs CFA. Une loi qui n’est malheureusement pas respectée. Lorsque les taalibés ou d’autres enfants se retrouvent dans les rues parce qu’ils ont fugué, ils sont désignés sous l’appellation « faqman ». Une omerta existe à leur sujet. Ce sont pourtant des enfants et des adolescents qui errent dans les rues de Dakar, ayant de plein gré quitté leur famille ou leur école coranique, à cause des maltraitances subies. Ils subviennent à leurs besoins en faisant ce qu’ils ont appris – mendier. Les taalibes et les faqman sont les deux catégories d’enfants qui occupent les rues sénégalaises depuis de nombreuses années.

R é p u bliq u e D é m o c r a tiq u e d u C o n g o. . .Enfants soldats et enfants des mines

Les nombreux conflits qui se produisent en République Démocratique du Congo ont engendré un phénomène dramatique : les enfants soldats ou “Kadogo” en langue swahili. Les enfants-soldats au Congo ne sont pas seulement ceux qui se battent en se servant d’une arme. Bien souvent, ils se retrouvent combattants, mineurs et/ou démineurs, éclaireurs, espions, porteurs, gardes, sentinelles, cuisiniers, ou encore esclaves sexuels pour d’autres militaires. Qualifiés de “naïfs, obéissants, facilement manipulables et fidèles”, les enfants sont des proies faciles, recrutées de gré ou de force, principalement dans des provinces de l’Est de la RDC. Sur la simple promesse d’un bon repas, il est alors coutume d’enrôler des enfants en situation de rues sans que cela ne gêne qui que ce soit. Bien que la RDC ait signé la convention internationale relative aux droits de l’enfant qui condamne et interdit leur emploi au sein d’une bande armée, plus de 30 000 enfants ont été recrutés dans diverses milices de guerre.

En RDC, le travail des enfants nous concerne tous. De même que nous ne pourrions aujourd’hui considérer notre société sans les smartphones, les tablettes, les ordinateurs ou encore les téléviseurs ; ces appareils ne pourraient exister sans les matières premières extraites dans les mines congolaises, où travaillent des milliers d’enfants. Par conséquent, le prix de nos smartphones ne comprend pas seulement le montant payé lors du passage en caisse, mais celui du sang et de la sueur d’enfants de la RDC. En effet, si nos appareils électroniques marchent si bien, c’est en partie grâce aux minerais qu’ils contiennent comme l’or, le coltan, le cobalt ou encore la cassitérite. Or, ces minerais indispensables au bon fonctionnement de nos « jouets » sont récoltés par des milliers d’enfants congolais figurant parmi les plus exploités au monde.

Lorsqu’il ne s’agit pas de travail d’enfants soldats ou de travail dans les mines, il sera question d’exploitation sexuelle.

 

  1. L‘EXPLOITATION SEXUELLE : L’INNOCENCE VOLÉE DES PLUS PETITS FACE À LA TOUTE-PUISSANCE DES ADULTES

Tragédie, atrocité, fléau et bien d’autres termes, peuvent qualifier l’exploitation sexuelle. Encore plus lorsqu’il est question d’enfants. C’est pourtant un sujet qui demeure tabou mais bien présent dans de nombreux pays. Loin d’être anodine, cette thématique révèle et met en lumière les injustices criantes auxquelles sont confrontés les plus vulnérables. Rappelons que l’exploitation sexuelle désigne l’utilisation d’une personne vulnérable (garçons, filles et adolescents) , à des fins de satisfaction sexuelle ou d’obtention d’un avantage personnel, matériel ou financier. Elle implique généralement une relation de pouvoir où l’exploitant abuse de sa position de force, de confiance, ou de son autorité pour manipuler, contraindre la victime à des actes sexuels. La prostitution, quant à elle, est souvent liée à des réseaux de traite humaine qui exploitent des populations vulnérables. Elle est englobée dans l’exploitation sexuelle.

La pauvreté, l’instabilité politique, et l’inégalité économique créent un terreau fertile pour les trafiquants d’êtres humains.

Cambodge, Thaïlande, États-Unis… Des pays de rêves aux dessous sordides, la satisfaction de bêtes sauvages

Il est difficile de quantifier de manière exacte le nombre d’enfants prostitués en Thaïlande, au Cambodge, en Bulgarie et en Ukraine, car la prostitution est liée à des réseaux illégaux et non régulés, ce qui rend les données très variables. Cependant, il existe des estimations fournies par des organisations non gouvernementales, des rapports internationaux et des études.

 

Cambodge, Thaïlande

Les réseaux de prostitution

Connus pour leur tourisme sexuel, ces pays sont des plaques tournantes du commerce du sexe. Bien que la prostitution soit officiellement illégale, elle est tolérée, et les réseaux criminels y prospèrent. Le trafic d’êtres humains, en particulier celui des enfants et des femmes est un grave problème. Moins exposé que la Thaïlande au trafic sexuel, un tiers des 50 à 70 000 cambodgiens qui se prostituent seraient des enfants, selon l’UNICEF. Ces derniers se vendraient dans des bars, des karaokés, des salons de massage et des maisons closes. Le comble de tout ce trafic, ce sont les fausses croyances à l’origine de la recherche de victimes de plus en plus jeunes. Certains clients se dirigent vers de très jeunes enfants pour satisfaire leurs vices, persuadés que la virginité de leurs cibles pourra les guérir de maladies telle que le SIDA. Ces prédateurs pédophiles circulent dans les quartiers vulnérables, appareils photos autour du cou, proposant aux enfants des bonbons, des gâteaux ou encore des jouets comme appâts pour gagner leur confiance et les attirer dans leurs pièges abjects.

Du côté thaïlandais, selon certaines estimations, entre 200 000 et 300 000 personnes seraient impliquées dans l’industrie du sexe. Un chiffre qui inclut des hommes, des femmes et des enfants. Connue comme étant une destination de rêve, remplie de paysages idylliques, la Thaïlande fait face à des problèmes de pauvreté et de disparités économiques qui poussent de nombreux enfants à quitter leur foyer pour trouver de quoi manger ! Selon l’UNICEF, des millions d’enfants vivent dans des conditions précaires, sans accès à l’éducation ou aux soins de santé. La pauvreté, l’absence de soutien familial et l’abus domestique sont parmi les principales raisons qui conduisent les enfants à vivre dans la rue.

Au Cambodge, les enfants en situation de rue sont exploités dans le trafic sexuel avec l’objectif de répondre à une demande constante de touristes et de voyageurs étrangers. Une réalité qui sévit encore en 2024. Bangkok, Pattaya et Phuket sont d’ailleurs des villes très réputées pour abriter des réseaux de prostitution. Les enfants sont approchés avec comme appât la promesse d’un emploi, de faux espoirs, de l’argent ou encore une aide qui permettra à des familles entières de sortir de la galère. Cependant, sans surprise, il n’en est absolument rien et la désillusion sera grande : une innocence volée, une enfance gâchée.

Dans ces pays, la prostitution ne se limite pas au cadre local mais s’étend à l’échelle internationale, avec de nombreuses femmes et enfants transportés vers des pays plus riches pour y être exploités. Hélas, malgré un réveil des politiques publiques pour enrayer ce type d’exploitation à l’égard des enfants, les différents organismes de lutte contre la prostitution infantile ont établi un douloureux constat : les prédateurs recommencent leurs crimes sans aucune culpabilité estimant avoir contribué au « développement économique du pays dans lequel ils sont venus faire du tourisme », ou encore avoir « participé à l’enrichissement de personnes en état d’extrême pauvreté ».

 

Afghanistan

Le trafic sexuel et les « Bacha Bazi »

En 2019, deux membres d’une organisation des droits humains ont été arrêtés par les autorités afghanes car ces personnes ont dénoncé l’existence d’un réseau pédophile qui aurait commis des agressions sexuelles et des viols sur au moins 546 élèves, impliquant des enseignants, des directeurs et des autorités locales. Cela concernerait plus d’une dizaine d’établissements scolaires. : Certains enfants ont ensuite été soumis à des menaces et du chantage pour devenir les esclaves sexuels de leurs agresseurs, ces derniers menaçant de diffuser les vidéos de leur viol. D’autres ont été tout simplement exécutés par leur propre famille ou les talibans, incapables de supporter la honte qu’ils associaient désormais à ces jeunes victimes d’abus. Si des enfants encadrés par tout un système sont la proie de personnes dépositaires de l’autorité publique et détentrices de la confiance des parents qui confient leurs boutchous, imaginez lorsque ces enfants n’ont pas de famille et se retrouvent dans les rues afghanes !

En Afghanistan le trafic sexuel est principalement la conséquence d’une instabilité politique, de guerres prolongées et donc d’une pauvreté généralisée. Les enfants fuient souvent des foyers marqués par la violence, la négligence et l’abus, ce qui les pousse à chercher refuge dans les rues.

Les petites filles comme les petits garçons subiront alors des trafics vicieux. Il n’y a pas de différence quant aux stratégies de recrutement des enfants laissés pour compte : l’argent. Néanmoins, une pratique culturellement enracinée dans certaines régions d’Afghanistan, originaire du Pakistan, se perpétue : le « Bacha Bazi » ou « Baccha » qui signifie littéralement « jouer avec les garçons ». Celle-ci consiste à utiliser des jeunes garçons et des adolescents (entre 6 et 18 ans) comme danseurs, travestis en filles et comme objets sexuels pour des hommes adultes. Bien que condamnée par le gouvernement, elle reste répandue et souvent tolérée dans certaines cultures locales. Les garçons sont régulièrement enlevés ou achetés et subissent des abus sexuels répétés de la part d’hommes influents dans le pays, qui n’hésitent pas à faire appel à des forces policières pour se protéger de toutes formes de représailles et agir en toute impunité*. Pire encore, bien souvent, les personnes qui détiennent ces enfants sont de hautes autorités policières, militaires ou politiques. Ainsi, il n’est pas rare de constater que certains hommes afghans influents aient abusé sexuellement d’au moins 2000 enfants au cours de leur vie, un chiffre glaçant qui témoigne de l’ampleur de ces crimes. .

Il n’y a hélas rien de nouveau sous le soleil. Le terme “Bacha” renvoie aux Bacchanales, des fêtes qui, sous couvert de piété religieuse, cachaient en réalité des débauches innommables et des orgies en tout genre, en l’honneur de Bacchus, une divinité démoniaque.

 

  1. LA LOI DU PLUS FORT : LA DÉLINQUANCE, LES GANGS, LES ADDICTIONS…

La loi du plus fort est un phénomène lié aux inégalités sociales, à l’absence de gouvernance efficace et à des contextes où les droits de l’homme sont bafoués. Cette loi suggère que dans un environnement sans règles, les individus ou les groupes les plus puissants prennent le contrôle. Cette idée est souvent associée à des contextes de violence où le pouvoir est acquis par la force, la menace ou la domination car la justice et l’ordre sont faibles, corrompus voire inexistants. Le plus fort règne alors et c’est sa loi qui régira la vie des enfants.

Délinquance et gangs juvéniles, d’Abidjan à Antananarivo

Les gangs de rue s’imposent comme un type de “famille de substitution” qui va endosser un rôle de protection, de soutien et de fidélité en échange bien entendu de loyaux services, dans des activités lucratives et illégales. La force physique, la ruse ou la capacité à s’imposer tout comme les armes sont alors les bagages dont il faut se (pré)munir. Esther* et Tsiory, que nous avons rencontrés respectivement lors de missions en Côte d’Ivoire et à Madagascar, nous ont fait état de ce phénomène. La première nous explique comment cela fonctionne dans les rues d’Abidjan, le second a lui-même été tantôt auteur d’actes délictueux, tantôt victime de représailles dans la ville d’Antananarivo.

*Voir introduction page 12

 

 

Esther (Côte d’Ivoire) :

Dans la rue, la notion de partage est mitigée : il y en a qui partage d’autres non. Mais celui qui ne partage pas va subir des violences et ça va être chacun pour soi. Nous sommes confrontés à beaucoup de dangers. La population est un danger car elle nous rejette. La police aussi devient un danger pour nous parce qu’elle se met à nous poursuivre… Oui, il y a de la corruption avec les amitiés policiers et bandits. Beaucoup d’enfants meurent d’ailleurs dans la rue lorsque la police s’en mêle et qu’elle n’y trouve pas son compte. À Abidjan, il faut savoir qu’il y a plusieurs catégories de délinquants : les grabasseurs, ce sont ceux qui mendient, les agresseurs, ceux qui détiennent des couteaux et des machettes, les cambrioleurs, ceux qui dérobent et, les microbes, qui sont les plus dangereux car ils tuent. Dans la rue, les filles se comportent comme des garçons à cause de la drogue qui les pousse à l’agressivité et la violence. Elles aussi volent pour revendre et vivre. Une petite anecdote : 2 gangs se sont af frontés à Port Bouët 1. Un jeune homme était tranquillement assis et un autre jeune homme faisant partie d’une bande rivale est arrivé et n’a cessé de regarder celui qui était assis. Le règlement de compte avait pour fondement la vengeance. L’un d’eux assis a reçu un coup de machette. En arrivant à l’hôpital, il n’a pas été pris en charge car le corps médical lui aussi a eu peur des représailles. .

 

Tsiory, un jeune homme de 23 ans, d’origine malgache a grandi dans le quartier d’Andohalo, sur les hauteurs de la capitale malgache Antananarivo. Orphelin de mère dès son jeune âge (13 ans-14 ans), il a vécu une enfance marquée par l’absence maternelle et la précarité de son foyer. Malgré les eforts de son père, les besoins de la famille n’ont jamais pu être pleinement satisfaits, ce qui a conduit Tsiory à chercher un soutien auprès de sa famille maternelle. Mais sans repères ni encadrement, il a dérivé vers la délinquance, exposé aux influences de la rue : vols, toxicomanie, alcoolisme et tabagisme sont vite devenus son quotidien. En septembre 2023, lors d’une fuite désespérée après un vol de volaille, Tsiory est poussé du haut d’une falaise à Andohalo. Grièvement blessé, il est transporté à l’hôpital par sa famille, mais faute de moyens, il est renvoyé chez lui. Paralysé et alité, il endure une soufrance intense, sans soins appropriés, comme s’il n’attendait plus que la fin. En octobre, la grâce du Seigneur a permis à des missionnaires de venir évangéliser dans son quartier. Touché par les paroles annoncées, le père de Tsiory a demandé aux missionnaires de prier pour son fils, malade et alité depuis près d’un mois. Sans hésiter, les missionnaires ont rendu visite à Tsiory et découvert les conditions de vie insalubres de la famille. Tsiory était en détresse respiratoire, fiévreux, et soufrait de plaies infectées dues à son alitement prolongé sans soins. Après une prière, ils ont immédiatement appelé une ambulance, qui l’a transporté en urgence vers l’hôpital de référence le plus proche. Dès son admission, Tsiory a été pris en charge rapidement. Les examens approfondis ont confirmé des fractures multiples de la colonne vertébrale, entraînant une paralysie irréversible. Les neurochirurgiens ont déterminé qu’une ostéosynthèse était indispensable pour stabiliser sa colonne vertébrale et lui permettre de s’asseoir à nouveau, bien qu’il ne puisse plus marcher. Face à cette situation, Tsiory a eu besoin d’une intervention chirurgicale. La période postopératoire a été dif icile à cause d’un choc septique.

Tout au long de son hospitalisation, Tsiory a été soutenu matériellement et financièrement. Malheureusement, ce jeune homme est décédé des suites d’une infection de ses plaies. Cependant, il a pu recevoir l’amour d’Elohîm et a accepté le salut de Yéhoshoua avant sa disparition.

Lorsqu’il ne s’agit pas d’adultes ou d’autres enfants, le quotidien de certains enfants sera régi par de profondes dépendances.

Alcool, débauche, drogues dures… les addictions seront les plus fortes

Dans les conditions de rue, les drogues ne sont pas associées à un danger, mais elles deviennent plutôt un moyen pour faire face à l’adversité, se désister de situations inconfortables, ou pour effacer les dures expériences de la rue. De l’expérimentation à la dépendance, en passant par l’usage occasionnel, de nombreux enfants se réfugient dans l’alcool, les drogues dures, bien souvent jamais côtoyées avant de fréquenter la rue. Il est inexact de penser que tous les enfants et adolescents qui vivent dans la rue sont des toxicomanes. Cependant, bien que la majorité d’entre eux aspirent à sortir de là, les enfants drogués ne chercheront plus qu’à se droguer. Or la drogue coûte chère. Il leur faudra donc de l’argent, peu importe les moyens d’obtention. La dépendance va alors exacerber les vols et les violences. Généralement, le cannabis, le tabac et l’alcool seront les plus forts de la rue. Toutefois dans certaines villes, on assiste à l’émergence de nouveaux concurrents : l’essence qui se “sniffe” à Luanda (Angola) et à Bogota (Colombie), le bazuco* qui fait depuis quelques années fureur en Colombie, le gainz à Dakar (Sénégal) et à Nouakchott (Mauritanie) qui n’est rien d’autre que des solvants et en particulier de la colle, aussi appelé dul à Abidjan, du cirage ingéré avec du pain chaud à Bangui (République centrafricaine), un bio-gaz à base d’excréments humains à Lusaka (Zambie)…

Il est vrai que les motivations derrière l’usage des drogues sont complexes et souvent interconnectées. D’un point de vu personnel, elles peuvent être en lien avec le plaisir immédiat que cela procure, pour faire face à l’ennui, au désespoir ou aux envies suicidaires. D’un point de vue collectif, cette consommation est parfois employée pour faire comme les autres et être accepté dans un groupe. Fréquemment elle le sera pour faire face aux traumatismes subis, aux maladies, à la faim, à la stigmatisation, au rejet, aux moqueries, à la discrimination, aussi bien qu’à l’indifférence générale de la société. Devenir toxicomane ou alcoolique n’est donc une vocation pour personne.

*(ou bazuko) Feuille de coca transformée en cocaïne

Des conséquences sur le développement de l’enfant

Sans surprise, le développement physique, psychique et spirituel des enfants est sérieusement impacté par des expériences aussi traumatisantes que le fait de vivre dans la rue.

Les conséquences sont, à court et long terme, dévastatrices. En effet, ce qui abîme plus que les coups, les viols… ce sont les blessures psychologiques qu’ils engendrent, des traces invisibles et indélébiles qui marquent à vie et vont jusqu’à modifier les gènes sur plusieurs générations.

  1. DES CONSÉQUENCES PHYSIQUES

Mort, suicide – Mauvaise hygiène – Maladies, VIH – Maigreur due à la famine – Épuisement, insomnie – PLAIES, HÉMATOMES – GROSSESSE PRÉCOCE – CARENCES – MUTILATION  – CHUTE DE CHEVEUX Problèmes de peau et de dentition – INFECTIONS – DÉMANGEAISONS – Mauvaises odeurs

  1. DES CONSÉQUENCES PSYCHOLOGIQUES

Dépression – Colère – Nervosité – Addictions – Trouble mental – Traumatismes ancrés – Anxiété – Frustrations – Sentiment de culpabilité – Déséquilibre émotionnel – Confusion – Renfermement Difficulté dans la gestion des émotions – Manque de confiance en soi – Peur viscérale de l’Homme – Schéma répétitif – Actes sur autrui – Attitudes posttraumatiques – Capacité d’adaptation et compétences sociales

  1. DES CONSÉQUENCES SPIRITUELLES

Manque de repère manque d’identité – Intelligence volée – Désamour propre – Mœurs corrompues – Possession démoniaque – Blessures profondes de l’âme – Mort spirituelle – Esclave – Prison

  1. UN AVENIR ? DES CONSÉQUENCES SOCIALES

Méfiance – Isolement – Relation malsaine – Bonne fréquentation – Stabilité – Éducation – Sécurité – Violence – Échec scolaire Instinct de survie – Stimagtisation

 

Des solutions à notre portée

Les enfants en situation de rue sont marginalisés. Ils subissent l’incompréhension et l’animosité de la population, souvent peu informée. Cela s’ajoute aux violences qu’ils subissent déjà et renforce leur vulnérabilité. Alors, pour leur venir en aide, il est important de se rappeler que chaque enfant a une histoire et des besoins spécifiques. Les solutions doivent donc être adaptées aux besoins individuels de chacun d’eux pour être efficaces.

Des solutions juridiques et sociales

Les enfants en situation de rue représentent une problématique complexe qui implique à la fois des enjeux humanitaires, sociaux et financiers. Pour leur venir en aide, il n’est parfois pas nécessaire de chercher bien loin. Les adultes (parents, éducateurs ou membres de la société civile…) ainsi que les États ont la responsabilité de garantir leur protection, leur éducation et leur bien-être.

  1. LES DROITS DE L’ENFANT

Qu’un enfant subisse les comportements déviants des adultes n’est pas nouveau. En effet, l’enfant a toujours été considéré jusqu’alors comme un « petit adulte ». Il n’a d’ailleurs jamais été naturel pour les adultes de concevoir toute une législation sur les droits de l’enfant. De ce fait, l’enfant n’a jamais été considéré autrement que comme un être ayant des devoirs et dont le corps ne lui est pas propre. L’asymétrie qui existe entre les besoins primaires (qu’ils soient physiques ou psychiques) d’un enfant et les pouvoirs des adultes d’y répondre a engendré, et engendre encore beaucoup d’abus. Ainsi, les adultes déséquilibrés, irresponsables, bestiaux, plutôt que de subvenir aux nécessités vitales de l’enfant, qu’ils ont à leur charge ou non, cherchent en priorité à satisfaire leurs pulsions violentes. À tel point que ce n’est qu’au 19ème siècle que va émerger, en France, l’idée d’une protection des mineurs, avec petit à petit l’apparition de lois qui vont régir premièrement le travail des enfants.

Pionnière en matière de droits de l’enfant, la France va influencer dans ce sens ses voisins, qui adopteront par la suite la même ligne de conduite. Ces nouvelles règles juridiques tiennent désormais compte de la fragilité, des particularités et des besoins propres au développement de l’enfant. Près d’un siècle après, la Convention relative aux droits de l’enfant est signée par les 197 pays membres de l’ONU, qui se sont engagés à protéger les droits fondamentaux des enfants. Ce traité se compose de 54 articles non négociables. À ce jour, un seul pays, les États-Unis, n’a toujours pas ratifié cet accord.

Ce dernier permet aux enfants de bénéficier de protection, de soins et de soutien dans et pour leur développement. Parmi les droits énoncés, on retrouve :

  • le droit à l’identité,
  • à l’éducation,
  • à la santé,
  • à la protection spécifique contre les abus et l’exploitation,
  • ainsi qu’à la participation à la vie culturelle et sociale.

 

Les gouvernements des pays signataires sont tenus de s’engager à mettre en place des mesures législatives et administratives pour veiller à ce que ces droits soient respectés sans distinction. Chaque enfant mérite de grandir dans un environnement sûr et épanouissant, et c’est la responsabilité collective de la communauté internationale de faire de ce droit une réalité. Malheureusement, dans certaines régions du monde, les enfants continuent à souffrir de pauvreté, de conflits armés, de discrimination et de manque d’accès à des services de base.

Outre la volonté de certains États de vouloir aider leur population bien qu’ils soient confrontés à des problèmes économiques importants, malgré cet engagement mondial, de nombreux pays ne respectent pas les engagements qu’ils ont pourtant pris.

 

  1. LA RESPONSABILITÉ DES ADULTES ET DES ÉTATS

Les adultes y compris les parents, les tuteurs, les enseignants et les travailleurs sociaux sont censés assurer un environnement stable et sécurisant pour les enfants afin de prévenir les abus et les négligences. Ils doivent jouer leur rôle dans la prévention de l’abandon des enfants dans la rue. En effet, ils ont la responsabilité de garantir l’accès à une éducation de qualité et de soutenir le développement émotionnel et psychologique de l’enfant.

Les États quant à eux doivent instituer des lois et des politiques protégeant les droits des enfants et assurant leur respect le plus strict. Ils ont le devoir d’élaborer des plans stratégiques à long terme pour répondre aux besoins des enfants de manière efficace et durable.

Les gouvernements doivent allouer des ressources financières adéquates dans le budget national pour les services de protection de l’enfance. Les États doivent garantir un accès gratuit à l’éducation et aux services de santé pour tous les enfants. Singapour est d’ailleurs un exemple de pays qui investit sans mesure dans l’éducation des enfants et fait partie des pays les plus performants en la matière, avec un taux d’alphabétisation de 97,2%.

 

La Solution par excellence : Yéhoshoua

Être un enfant et vivre dans la rue signifie souffrir de la faim, dormir dans des conditions déplorables, faire face à la violence et parfois devenir une cible de maltraitance. Cela implique de grandir sans soutien, sans protection, d’être privé d’accès à l’éducation et aux soins de santé, de perdre toute dignité et de devoir assumer des responsabilités d’adulte avant même d’avoir eu la possibilité de vivre une enfance. Par-dessus tout, cela implique de se développer sans amour. C’est le premier élément dont a besoin un enfant. Or, rappelons-nous que l’Amour dont il est question est tout d’abord l’Être qui est patient, doux, humble, désintéressé, toujours juste, supportant tout… Cet Amour c’est Yéhoshoua ha Mashiah. « Et nous, nous avons connu et cru en l’amour qu’Elohîm a pour nous. Elohîm est amour et celui qui demeure dans l’amour demeure en Elohîm, et Elohîm en lui. » 1 Yohanan (Jean) 4 : 16. Par conséquent, chaque action que nous menons doit impérativement être initiée et motivée par l’Amour, par Yéhoshoua.

 

1 Corinthiens 13 : 1 à 3

« Si je parle toutes les langues des humains et même des anges, mais que je n’aie pas l’amour, je suis devenu un cuivre qui résonne ou une cymbale qui répète fréquemment le cri alala. Même si j’ai la prophétie et que je connaisse tous les mystères et la connaissance de toutes choses, et même si j’ai toute la foi jusqu’à transporter les montagnes, mais que je n’aie pas l’amour, je ne suis rien. Et si je donnais tous mes biens pour nourrir quelqu’un, et si je livrais mon corps pour être brûlé, mais que je n’aie pas l’amour, cela ne me sert à rien. »

Soutenir une vision telle que celle de venir en aide aux enfants qui se retrouvent dans la rue devient alors une évidence, puisqu’il ne s’agit que d’une conséquence de l’Amour que nous portons dans nos coeurs. D’ailleurs, les commandements du Seigneur quant à la responsabilité de chaque adulte envers l’enfant, de l’entrainer sur la bonne voie et de le laisser venir au Seigneur, trouve sa source dans l’Amour. En effet, l’objectif n’est rien d’autre que le salut de cet enfant.

 

Mishlei (Proverbes) 22 : 6

“Entraîne le jeune homme à l’entrée de sa voie, même quand il sera vieux, il ne s’en détournera pas.”

Mattithyah 19 : 13 à 15

“Alors on lui apporta des enfants, afin qu’il leur imposât les mains et qu’il priât. Mais les disciples les réprimandaient d’une manière tranchante. Mais Yéhoshoua leur dit : Laissez les enfants et ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent.“

Malheureusement, l’augmentation constante du nombre d’enfants dans les rues du monde est symptomatique d’une triste réalité : l’irresponsabilité notoire des adultes et des États mais également le manque d’amour de certaines familles. Or, si un adulte empêche un enfant d’accéder au Royaume des cieux en le plaçant sur une mauvaise voie, en l’occurence celle de la rue, avec tout ce qu’elle implique, tout en lui prodiguant un mauvais fondement… quel sera alors le jugement de cet adulte ?!

Heureusement, nous savons que Notre Elohîm est Amour. Et cet Amour, Il le manifeste de différentes manières, en prenant en compte les besoins de ses enfants. À l’instar de Notre Modèle, le soutien apporté aux enfants doit tenir compte de leurs besoins spécifiques. Tandis qu’un enfant aura besoin de beaucoup d’écoute, un autre sollicitera de douceur de notre part. Voilà pourquoi la conduite de l’Esprit est capitale.

L’amour que nous souhaitons manifester auprès des enfants est loin de se résumer à des dons, uniquement financiers. Les besoins sont tels que les façons de tendre la main sont multiples. Il est donc possible, chacun à son niveau, de contribuer à cette œuvre et de bien différentes manières. Seulement, Yéhoshoua doit être le fondement même de toutes nos actions. C’est ce que rappelle le passage de Mattithyah 22 : 37 à 40…

“Docteur, quel est le grand commandement dans la torah ? 37 Mais Yéhoshoua lui dit : Tu aimeras le Seigneur ton Elohîm, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ta pensée. 38 C’est là le premier et le grand commandement. 39 Et voici le deuxième qui lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. 40 À ces deux commandements sont suspendus toute la torah et les prophètes.”

L’œuvre social est premièrement un commandement d’Elohîm.

 

  1. L’IMPORTANCE DE LA MISSION

Les missions chrétiennes visent à répondre aux besoins physiques, émotionnels, éducatifs et spirituels de ces enfants vulnérables, souvent abandonnés ou marginalisés. En effet, comme nous l’avons largement évoqué, beaucoup d’enfants de la rue vivent dans une extrême pauvreté, sans accès à un abri, à de la nourriture ou à des soins médicaux. Les véritables assemblées chrétiennes doivent donc s’organiser pour offrir des repas, des vêtements et des abris temporaires et/ou durables, proposer des soins de santé de base afin de prévenir et traiter les maladies, ou encore créer des structures telles que des centres d’accueil, des centres hospitaliers ou des écoles pour fournir un environnement sécurisé aux enfants.

Le soutien doit donc être spirituel et matériel et l’accent doit être mis sur la dignité humaine, la valorisation de l’individu, et la réintégration des enfants dans la société. Les missions chrétiennes doivent donc offrir :

  • Un accompagnement psychologique pour aider ces enfants à surmonter leurs traumatismes.
  • Un soutien spirituel, en les guidant vers des valeurs de foi, de paix et d’amour, basées sur les enseignements bibliques.

Lors de nos différentes missions, nous avons pu expérimenter cela et mettre en place des structures pour accueillir les enfants que nous avons rencontrés dans les rues.

Markos (Marc) 16 : 15 à 18

“Et il leur dit : Étant allés dans le monde entier, prêchez l’Évangile à toute créature. Celui qui aura cru et qui aura été baptisé sera sauvé, mais celui qui n’aura pas cru sera condamné. Et voici les signes qui suivront de près ceux qui auront cru : ils chasseront les démons en mon nom, ils parleront de nouvelles langues, ils prendront dans leurs mains les serpents, et s’ils boivent quelque chose de mortel, elle ne leur fera jamais de mal. Ils imposeront les mains aux malades et ils seront guéris.”

Mattithyah (Matthieu) 10 : 7 à 8

“Et en allant, prêchez en disant : Le Royaume des cieux s’est approché ! Guérissez les malades, rendez purs les lépreux, ressuscitez les morts, chassez les démons. Vous avez reçu gratuitement, donnez gratuitement.”

 

La Maison du Potier

Au mois d’avril 2024, nous avons effectué une mission chrétienne en Angola, dans la ville de Luanda. Face à la souffrance sans nom d’enfants complètement délaissés dans les rues angolaises, 72 d’entre eux ont été recensés. Peu de temps après cette mission, une équipe sur place a procédé à une recherche active d’un lieu de vie pour les enfants.

Après une période de prière, de travail et de réflexion intense, la Maison du Potier sera officiellement ouverte en août 2024 avec l’assistance d’un frère missionnaire, dans le but d’accueillir les premiers enfants. À l’annonce de cette vision, de nombreuses personnes ont été touchées et ont participé à l’ouverture et au bon fonctionnement de la maison.

Au départ, six enfants seront accueillis, mais rapidement, deux d’entre eux vont partir en fugue. En effet, la prise en charge de ces enfants peut être compromise par les problèmes de consommation de drogues qu’ils rencontrent. Pour répondre à leurs besoins, il est essentiel d’avoir de la patience et l’Amour de Yéhoshoua.

En octobre 2024, d’autres missionnaires se sont rendus à Luanda pour dispenser une formation aux professionnels qui s’occupent des enfants. Ils ont aussi saisi cette opportunité pour rendre visite aux enfants qui vivent dans la rue. Ils ont eu des discussions avec eux, distribué des repas, et ont fait entrer cinq autres enfants, dont un qui était en fugue. De nombreux enfants sont restés à la rue, mais les bien-aimés sur place continuent de les soutenir. Certains sont en train de se préparer pour leur arrivée prochaine dans la maison.

La Maison du Potier offre une capacité d’accueil de 20 places et compte 2 éducateurs, 2 cuisinières, 2 gardiens et 2 éducateurs bénévoles qui participent à la prise en charge et à l’éducation des enfants. Cependant, nous manquons actuellement de ressources matérielles et humaines pour en accueillir davantage. De plus, étant donné que la maison actuelle est extrêmement excentrée, la question du déménagement se pose.

Nous avons la conviction que, par la volonté du Seigneur, de nombreux enfants sortiront de la rue pour témoigner de l’amour du Seigneur.

Témoignage de Nério, éducateur

Je m’appelle Nério Gola, j’ai 27 ans, je suis diplômé en Service Social et je travaille comme éducateur social, professeur et surveillant au foyer “Casa do Oleiro” , où je suis en poste depuis environ 4 mois. En tant que professionnel du service social, nous cherchons, dans chaque cas et avant tout, à assurer les droits fondamentaux des enfants et adolescents accueillis dans ce foyer, en garantissant leur sécurité et leur protection intégrale. Dans le cadre de notre travail, nous veillons toujours à accompagner les garçons accueillis dans leur développement physique, psychologique/mental, social/éducatif et également spirituel, ce dernier transcendant tous les autres. Nous cherchons en priorité à agir selon un des principes qui constitue la noblesse de notre acte professionnel : accueillir la personne dans son intégralité, connaître son histoire, comprendre comment elle en est arrivée à cette situation et chercher, avec elle, des moyens de surmonter sa situation ou de changer son état. Ainsi, mon rôle au sein du foyer se résume à garantir que les jeunes accueillis aient accès au droit à la sécurité, à la protection et à des opportunités pour réussir dans la vie, en leur assurant un développement intégral.

 

Les mots de Gabriel

Je suis Gabriel, j’étais dans la rue, j’étais un enfant des rues. Mais en ce moment, je suis dans la maison du Potier. Je remercie beaucoup la famille du Potier. Je suis très reconnaissant parce que je ne pensais pas qu’un jour un groupe de frères qu’Elohîm a envoyé viendrait nous aider. Maintenant, je ne suis plus un enfant des rues, et je remercie beaucoup le Seigneur et les frères. Merci beaucoup, et je veux aussi que les frères ne s’arrêtent pas dans cette mission que Yéhoshoua vous a donnée. J’aime jouer au basket-ball. Merci beaucoup, merci.

 

Le Centre d’ accueil Beth-El

Tout a commencé lorsque nous avons visité les jeunes sans abri à Angré, en Côte d’Ivoire, lors de la mission du mois de mai 2024, dans le quartier Terminus 81-82. Tout comme les enfants rencontrés en Angola, le phénomène des enfants et jeunes de la rue à Abidjan est une réalité préoccupante. Nous avons fait la rencontre d’une vingtaine de jeunes âgés de 8 à 21 ans. Certains vivaient dans la rue depuis plusieurs mois, d’autres depuis quelques années déjà. Touchés par leur situation, nous avons distribué de la nourriture, des produits de première nécessité, apporté des soins à ceux qui souffraient de plaies ouvertes et nous leur avons annoncé l’Évangile.

Après cette rencontre, nous les avons invités à participer à un temps de prière et de partage de la Parole. Plusieurs d’entre eux ont abandonné le péché, la drogue, confessé la sorcellerie et ont pris leur baptême. Des temps d’activités ont été mis en place à la fin de chaque réunion et chaque jour ils pouvaient manger. Cette rencontre a profondément marqué nos cœurs, et particulièrement les missionnaires sur place qui ont été confrontés à la souffrance, aux besoins et à la dure réalité de ce que vivent ces enfants. Après notre départ, la distribution (ou les maraudes) se poursuivait 1 fois dans la semaine mais cela n’était pas suffisant. Ces enfants avaient besoin de plus et se trouvaient en grande détresse.

Face à cette situation insoutenable, une décision devait être prise pour venir en aide à ces enfants. Nous nous sommes alors engagés à les aider dans leur reconstruction par le moyen de la Parole d’Elohîm, et à leur réinsertion dans la société par la scolarisation et diverses formations, jusqu’à leur autonomisation.

Par la suite, nous avons donc cherché et trouvé une structure pour accueillir 22 enfants qui dormaient dans les rues. Ils ont intégré la structure le samedi 3 août 2024. Gloire à Yéhoshoua !

 

Témoignage d’une missionnaire

Après la première mission, j’avais un contact régulier avec les enfants. Ils me faisaient part de leurs inquiétudes, de leurs craintes et de la faim qu’ils avaient au quotidien. Ils se débrouillaient tant bien que mal pour se nourrir. Certains mendiaient quand d’autres mangeaient les restes dans les restaurants, les fastfoods, ou fouillaient dans les poubelles. Parfois ils attendaient qu’une âme charitable puisse les nourrir. Ils pouvaient rester plusieurs jours sans manger. Ils se débrouillaient en vendant des mouchoirs qu’ils appellent « lotus ». De l’argent qui leur permettait ensuite de se nourrir ou d’acheter du savon pour laver leurs vêtements. La réalité de la rue est tellement dif ficile que plusieurs enfants consommaient des drogues pour oublier leurs souf frances. Cela était insoutenable à entendre. Alors, à partir du 5 juin 2024, chaque jour des plats étaient of ferts aux enfants. Ils pouvaient enfin manger à leur faim, et plus de 2 932 plats ont été dispensés jusqu’à ce qu’ils intègrent la maison.

Avant l’intégration des enfants, il a fallu leurs faire des bilans de santé. 3 enfants étaient porteurs du VIH mais dans son Amour, le Seigneur Yéhoshoua les a guéris.

De plus, la veille de leur entrée, les enfants ont été emmenés chez le coifeur et nous leur avons préparés des kits pour la maison. Le 3 août 2024, les enfants quitte la rue définitivement. Fin de la soufrance. Quelle joie ! Une fois, les enfants rentrés à la maison, ils ont pu la visiter, découvrir leurs chambres et nous leur avons expliqué le fonctionnement de la structure et du règlement, qu’ils avaient signé en amont. Ils ont dû se familiariser avec un cadre et de nouvelles règles.

Au sein de la structure nous avons mis en place des cours de rattrapage scolaire car plusieurs enfants ne savaient pas lire ou avaient quittés l’école très tôt. Aujourd’hui, les enfants sont heureux, pour certains ils ont pu rejoindre les bancs de l’école, pour d’autres enfants ils continuent le rattrapage scolaire, l’alphabétisation. Une fois le niveau atteint ils pourront se former à un métier afin d’être autonome.

Même pas un mois après leur intégration dans la structure, les enfants ont à leur tour efectué une maraude pour distribuer de la nourriture à leur amis, restés dans les rues. Ce fut l’occasion d’annoncer l’Évangile et l’un d’eux a été touché par le Seigneur. Les jeunes ont prié et loué le Yéhoshoua tous ensemble. Ce travail auprès d’eux est loin d’être simple cependant, le changement dans leur vie est spectaculaire ! Sans la main puissante du Seigneur Yéhoshoua rien de tout cela n’aurait pu se faire. À lui toute la gloire !

 

 

  1. L’AMOUR EN ACTION

Les maraudes

Les maraudes sont des interventions directes dans la rue pour venir en aide aux enfants vulnérables pour répondre à leurs besoins immédiats. Elles sont menées par des bénévoles, des ONG, ou des associations. Lors de leurs interventions, de la nourriture, des vêtements, des kits d’hygiène et des soins de première nécessité sont distribués. Cela permet une première approche car en arrivant sur place, nous ne savons pas toujours qui nous allons rencontrer. Ensuite, cela permet de répondre aux besoins de base des enfants qui manquent souvent de tout. Parfois, les maraudes incluent aussi des soins médicaux, notamment pour traiter des blessures, des infections ou des maladies courantes.

Les enfants qui vivent dans la rue sont souvent méfiants envers les adultes en raison d’expériences passées traumatisantes. Ils vont donc avoir besoin de temps pour se sentir en sécurité. Lorsque nous nous sommes rendus dans les rues qu’elles soient abidjanaises, angolaises, guyanaises, camerounaises, congolaises ou autres, notre objectif premier était d’abord d’établir un premier contact avec ces personnes en nous intéressant à elles. Il fallait donc pour cela avoir une attitude d’écoute mais aussi d’humilité pour qu’un climat de confiance s’installe. Il n’est pas toujours simple de se mettre au même niveau que les autres car la connaissance, le langage, l’attitude, l’accoutrement, le milieu et les conditions de vie sont parfois diamétralement opposés. Les enfants que nous avons pu rencontrer ont pu se braquer, être violents, avoir de la réticence à se livrer. Bien souvent les raisons sont légitimes. En effet, de nombreuses personnes, animées d’une volonté charitable vont aussi aller à la rencontre de ces enfants, leur apporter le nécessaire pour répondre à leur besoin à l’instant T, leur faire des promesses sur l’avenir et finalement ne plus donner signe de vie. Entre temps leurs réseaux sociaux auront été alimentés de très jolies photographies et vidéos montrant les âmes charitables en action. Une bonne intention ne suffit donc pas.

Enfin, les maraudes permettent aussi d’identifier les enfants en situation de danger, comme ceux qui sont victimes de la traite, de violence ou d’exploitation sexuelle.

L’évangélisation et la prière

Au travers de nos interventions, nous cherchons à partager notre foi avec les enfants, en leur prodiguant les principes bibliques et les valeurs chrétiennes. Comme nous l’avons déjà dit, le soutien spirituel est un élément clé pour soutenir les enfants de la rue. Conscients que beaucoup de troubles familiaux sont les conséquences de désordres spirituels, du péché et de l’absence de relation avec le Créateur, nous mettons d’abord Yéhoshoua en avant. La prière et les moments d’échanges autour de la Parole avec les enfants apportent de l’espoir. Pour des enfants vivant dans la rue, qui se sentent souvent abandonnés et dévalorisés, cette dimension spirituelle va reconstruire leur estime de soi et leur sens de la dignité humaine.

Les dons

Les dons, qu’ils soient financiers ou en nature (nourriture, vêtements, fournitures scolaires, jouets, produits d’hygiène…) sont essentiels. Ils servent à mettre en place des infrastructures comme des centres d’accueil permanents, où les enfants peuvent trouver refuge. L’argent des dons finance également des programmes éducatifs et des formations professionnelles. Ces programmes ont pour objectif de leur transmettre des compétences nécessaires à l’obtention d’emplois pour devenir indépendants. Les dons en nature quant à eux doivent être, là encore, motivés par l’amour. Il ne sera pas concevable alors de donner des objets usés dont on souhaite se débarrasser. Bien que cela paraisse évident, nous sommes nombreux à oublier ce principe :

« Toutes les choses donc que vous voulez que les gens fassent pour vous, faites-les de même pour eux, car c’est la torah et les prophètes. » Matthiyah (Matthieu) 7 : 12.

Les manifestations

« Ouvre ta bouche pour le muet, pour la cause de tous les fils destinés à la destruction. Ouvre ta bouche, juge avec justice, plaide la cause du pauvre et de l’indigent. » Mishlei (Proverbes) 31 : 8

Les manifestations permettent de rappeler des lois et des politiques en faveur des enfants, de sensibiliser la société notamment à la situation des enfants de la rue et au besoin d’action collective. L’objectif est aussi bien d’interpeller que d’être une voix pour les sans voix.

L’adoption

L’adoption (simple ou plénière) est une solution plus complexe, notamment lorsqu’il s’agit d’enfants vivant dans la rue, mais possible pour offrir un foyer stable à des enfants qui n’ont plus de famille ou qui ont été abandonnés.

La création d’écoles

250 millions d’enfants dans le monde non scolarisés

L’éducation est aussi une priorité, car elle est considérée comme un levier essentiel pour sortir les enfants de la rue. Elle va se traduire par la création d’écoles ou de programmes éducatifs adaptés pour les enfants déscolarisés. Ce type de projets aident à la réinsertion scolaire ou professionnelle des jeunes, en leur fournissant des compétences et des formations pratiques.

Cité scolaire Yéhoshoua

Des bien-aimés originaires de la Guadeloupe ont été profondément marqués par les conditions de scolarisation des enfants au Congo Brazzaville. Ils ont décidé de tout quitter et de s’installer dans le pays pour mettre en place une école gratuite, pour que des centaines d’enfants puissent bénéficier d’un apprentissage solide.

La construction de l’école élémentaire a commencé au mois de juillet 2022. Trois niveaux ont donc vu le jour : CP, CE1 et CE2. Le projet se poursuit l’ajout d’une école maternelle et l’électrification de l’ensemble des bâtiments.

Fournir des abris et des soins de santé : Les enfants de la rue ont souvent besoin d’un abri et de soins de santé de base, tels que des vaccins, des médicaments, et des soins dentaires.

 

Coordonnées :

ANJC PRODUCTIONS

24 rue Charles Fourier

91000 Évry

Email : Contact@tv2vie.org

Website : www.tv2vie.org

 

“Alors on lui apporta des enfants, afin qu’il leur imposât les mains et qu’il priât. Mais les disciples les réprimandaient d’une manière tranchante.

Mais Yéhoshoua leur dit : Laissez les enfants et ne les empêchez pas de venir à moi, car le Royaume des cieux est pour ceux qui leur ressemblent. “

STRICTEMENT INTERDIT À LA VENTE